Dans la grande salle, de petites indiennes à longues tresses noires répètent une danse traditionnelle. Les mains jointes, pieds nus, elles marquent le rythme de leurs talons, zélées, un peu perdues parfois. Je les regarde amusée en attendant le début de mon cours de danse.
Elles remarquent ma présence et me lancent de brefs coups d'oeil, lorsque la chorégraphie leur permet. "Il y a une grande qui nous regarde" pensent-elles. Elles ont le regard timide et admiratif que j'avais encore il n'y a pas si longtemps. J'ai l'impression de me voir. Elles doivent avoir 8, 10 ans. C'est moi.
Pour elles je suis "une grande". A des millénaires d'elles. Elles ont encore intact, devant elles, le trésor que je suis en train d'épuiser goutte à goutte. Quand elles y accèderont, je serai loin, sans moyen d'y revenir.
Sales mioches.
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