Je décide de me faire la cuisine pour déjeuner. Mais pas une bruschetta. Depuis trois jours je ne mange que des bruschetta, je fatigue. Non : quelque chose avec des mélanges, des trucs qu'on fait revenir à la poële, des étapes - de la cuisine compliquée, comme les autres gens la font.
J'ai en tête la recette des pâtes a la carbonara que j'ai goûtées en Italie : pas de crème fraîche, l'oeuf est cuit à la poêle comme une omelette, de l'ail, de l'huile, du sel, et pas de lardons, mais de fines lamelles de jambon fumé. Tellement meilleur. Depuis un an, chaque (rare) fois où je me mets à faire la cuisine, c'est pour essayer d'obtenir un résultat semblable. Je laisse à ceux qui ont eu l'occasion de goûter mes pâtes a la carbonara le soin d'évaluer combien je suis loin du but.
Tiens, pas de pâtes. Ca, par exemple...Bon, ce sera des a la carbonara sans pâtes, alors. Je mets la poêle sur le feu, je verse l'huile. Je coupe en fines rondelles de petites gousses d'ail. Tiens, un truc vert...ah, c'est un germe. Je l'enlève, on ne sait jamais. Jettée dans la poêle, l'ail vire au noir. J'enlève avec la spatule les morceaux trop brûlés. Pendant une seconde je me demande si je suis sûre de mon coup. Je casse deux oeufs dont je ne connais pas la date de péremption, et je mélange le tout. Ca n'a pas franchement une tête hospitalière, mais on verra bien.
Voilà, c'est cuit.
Je regarde le contenu de la casserole ; je regarde autour de moi. Il y a comme un brouillard dans la cuisine, et ça sent l'ail jusque dans les fleurs. Quant au contenu de la poêle...
J'ai ri toute seule pendant dix minutes. Je me suis calmée, mais quand j'ai goûté à ma cuisine, je suis repartie de plus belle.
I think I'm gonna stick to Yara's cuisine.
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