Cela fait bientôt un mois que je vis à Oualidia. Le village est si petit que les noms ne sont pas nécessaires : il suffit de désigner les gens par "Brahim qui travaille à la Sultana", "Jalal qui aime Barry white", "Hamid aux lunettes oranges" et tout le monde verra de qui vous parlez.
"Mustafa qui vit dans la grotte" est le plus connu. Il ne vit pas vraiment dans la grotte : il y passe ses journées à pêcher et à offrir le thé aux touristes dans son antre décorée de tapis élimés. Par leur bakchich, les touristes lui fournissent en un après-midi assez pour bien vivre un mois. Il a trois enfants en bas âge, et une grande fille égarée dans les prisons de France, fruit d'une aventure avec une touriste. Il va nu pied lorsqu'il ne roule sur une de ces mobylettes décarcassées, laissée pour morte chez un garagiste d'Occident et qui vit ici encore vingt pétaradantes années de rafistolage aux bouts de ficelle. Où que je le croise, il trouve toujours le moyen de dégotter un plateau, quelques verres et une théière pleine d'un thé à la menthe brûlant. Il n'a plus beaucoup de dents, mais il parle volontiers, avec un appétit de vivre mêlé à un sens critique aiguisé.
Il a promis de me présenter l'écrivain du village et de m'apporter un poulpe quand il en trouvera un. Il est aussi guérisseur, fait des massages aux pierres réchauffées sur son butagaz. Bref il fait tout, sait tout : Mustafa des grottes est le VIP de Oualidia, et c'est mon ami. Il faut dire que mon amoureux lui a donné, lors de son passage, un sacré bakchich.
"Mustafa qui vit dans la grotte" est le plus connu. Il ne vit pas vraiment dans la grotte : il y passe ses journées à pêcher et à offrir le thé aux touristes dans son antre décorée de tapis élimés. Par leur bakchich, les touristes lui fournissent en un après-midi assez pour bien vivre un mois. Il a trois enfants en bas âge, et une grande fille égarée dans les prisons de France, fruit d'une aventure avec une touriste. Il va nu pied lorsqu'il ne roule sur une de ces mobylettes décarcassées, laissée pour morte chez un garagiste d'Occident et qui vit ici encore vingt pétaradantes années de rafistolage aux bouts de ficelle. Où que je le croise, il trouve toujours le moyen de dégotter un plateau, quelques verres et une théière pleine d'un thé à la menthe brûlant. Il n'a plus beaucoup de dents, mais il parle volontiers, avec un appétit de vivre mêlé à un sens critique aiguisé.
Il a promis de me présenter l'écrivain du village et de m'apporter un poulpe quand il en trouvera un. Il est aussi guérisseur, fait des massages aux pierres réchauffées sur son butagaz. Bref il fait tout, sait tout : Mustafa des grottes est le VIP de Oualidia, et c'est mon ami. Il faut dire que mon amoureux lui a donné, lors de son passage, un sacré bakchich.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire