Partir provoque toujours, à des degrés divers, le vertige. On s'étonne d'être parvenu à s'arracher au quotidien, à la famille, aux amis, à l'amour pour prendre cet avion qui, en quelques heures, nous dépose loin de tout - et il n'y a plus de retour possible avant de longues semaines. On regarde autour de soi et rien n'est familier. On se demande ce qu'on fait là, on ne sait plus trop pourquoi on est parti, on est encore un peu incrédule. Et la solitude tant désirée nous attrape à la gorge. C'est la vie sans filet, sans l'homme auprès duquel on aime s'endormir, sans les repères qui gardent du danger, sans les habitudes qui rendent les jours coulants.
Et puis la vie va se construire, ici comme ailleurs ; on va s'attacher ; les repères, et les habitudes, vont être pris. Quand il faudra rentrer, nos rêves seront longtemps hantés par cet embryon de vie germé ailleurs. On se demandera pourquoi on est rentré. On se jurera de repartir.

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