C'est bientôt l'Aïd et le "patelin" de Oualidia, comme ses habitants le qualifient, est en effervescence. De vénérables moutons attendent en troupeau, au coin des rues, d'être vendus à un père de famille sacrificateur. Ils coûtent 2 ou 3000 dirhams : on s'endette toute l'année pour l'acheter, et il fournira bien des méchoui pour six mois. Brahim, grâce à son salaire de serveur dans un hôtel chic, a acheté la catégorie au-dessus : une vache. Il a soit une très grande famille, soit un très grand congélateur, observe mon amoureux qui est venu me rendre visite.
C'est bombance pour les mouches et les chats : le boucher a sorti ses viandes et la rue est décorée des carcasses qui pendent aux crocs, piquées de bouquets de persil. Les clients coupent le morceau de leur choix sur un coin du comptoir. En revanche, pour moi c'est carême : plus de viande aux restaurants - et for that matter plus de poissons non plus, car depuis deux jours la mer est démontée et aucun pêcheur ne s'y risque.
On a sorti la meule sur le trottoir, et le cri des poignards et des haches qu'on aiguise couvre le bruit des voitures. La télévision passe des scènes de bêtes qu'on égorge et de flots de sang qui repeignent les trottoirs.
Vendredi, Oualidia sera rouge.
C'est bombance pour les mouches et les chats : le boucher a sorti ses viandes et la rue est décorée des carcasses qui pendent aux crocs, piquées de bouquets de persil. Les clients coupent le morceau de leur choix sur un coin du comptoir. En revanche, pour moi c'est carême : plus de viande aux restaurants - et for that matter plus de poissons non plus, car depuis deux jours la mer est démontée et aucun pêcheur ne s'y risque.
On a sorti la meule sur le trottoir, et le cri des poignards et des haches qu'on aiguise couvre le bruit des voitures. La télévision passe des scènes de bêtes qu'on égorge et de flots de sang qui repeignent les trottoirs.
Vendredi, Oualidia sera rouge.

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