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lundi 19 juillet 2004

St-Petersbourg : ma première cuite

Vendredi soir. Tout le monde était à la Datcha : ceux de l'université (Morten, Liena ma prof, David, etc) ; les habitués (le célèbre Mikhaïl Mikhaïlovitch, Pacha) ; les autres (Mathyas et Arnaud, Katya, Antonio). Je bois un verre de vin blanc, un deuxième, un troisième. Ma tête commence à tanguer, Katya m'emmène manger un chaverma. On retrouve Morten le Danois, qui mange deux chaverma d'affilée et m'explique qu'il va régulièrement à la salle de sport afin de se muscler le torse et les fesses (et ce disant, il s'attrape les fesses à pleines mains). Il est très grand, freluquet, avec un visage étroit et des yeux cernés de noir, et d'ordinaire il est extrêmement réservé. David aussi débarque pour manger un chaverma (il s'en met partout, il est américain il mange comme un cochon). Nos rapports se sont quelque peu rafraîchis depuis que je me suis retrouvée à dormir chez lui parce que mon obchejitié était fermé, et que sa proprio m'a prise pour une prostituée sibérienne ramassée dans la rue.

Ma prof de russe, Liena, m'apprend à boire la vodka cul-sec. J'explique à des Italiens qui nous draguent que ia iz Novosibirsk, et l'alcool me donne tellement d'aplomb et de volubilité qu'ils me supplient de parlent plus lentement parce que "nous ne sommes pas Russes, nous". 

Liena veut absolument aller acheter une bouteille de vodka dans l'unique supermarché encore ouvert, à 20 minutes de la Datcha. Pour y aller, elle tient absolument à s'abriter sous le parapluie (bien qu'il ne pleuve pas) et à chanter la Marseillaise (bien qu'elle ne connaisse pas les paroles). Katya hoquette et voit double quand elle prend des photos. Morten rigole tout seul. Je chante krokodil guena  Liza reste mystérieusement silencieuse. 

Au supermarché, Liena achète une bouteille de vodka, deux bouteilles de jus d'orange, des calamars séchés et des croutons à l'ail. Morten s'absente un instant et revient couvert de jus d'orange sans pouvoir expliquer ce qui s'est passé. Liena explique au vigile de MacDonald "ia iz Philadelphie" (je viens de Philadelphie) afin qu'il la laisse entrer. Je comprends pas tout ce qui se passe.

Liena veut absolument qu'on aille voir les ponts s'ouvrir (à l'heure où ils se ferment). Liza et moi partons en courant pour ne pas y aller. Nous retrouvons Liena, Morten et Katya une heure après, complètement trempés. Ils se sont fait arroser par les voitures qui lavent les rues à la levée du jour.

La soirée se finit à la Datcha : Liena dort sur le canapé, Liza drague Mathyas, David et Morten jouent au babyfoot, et moi je mange des graines de tournesol bien sagement dans un coin.


lundi 12 juillet 2004

Petersbourg brûle-t-il ?


C'est dans le corpus de William qu'a pris place hier matin un spectacle à la russe.
Il est 6 h du matin, tout le monde dort, y compris nous dans notre chambre déjà éclairée par le soleil. Il y a des jeunes qui crient, du bruit : des fêtards, on se retourne dans nos lits et on essaie de continuer à dormir. Tout à coup de violents bruits de verre brisé et de chocs nous font sauter sur nos pieds et regarder à la fenêtre. Au même niveau que nous, au 16e étage du corpus 2, une bande de jeunes est en train de casser les vitres de leurs fenêtres. Il y a une fille qui, accroupie sur le rebords de sa fenêtre, se tient par une main au-dessus du vide et balance de l'autre son sèche-cheveux, qu'elle tient par le fil, afin de casser les vitres des chambres d'en-dessous. Ils crient "pamaguitie" (à l'aide), au feu. Nous pensons d'abord à des éméchés qui font des conneries. Une grosse fumée noire sort des fenêtres tout au long de l'étage. Ca sent le plastique brûlé.
Ils commencent à se fabriquer des cordes avec leurs draps et chiffons et, toujours avec sèche-cheveux et autres ustensiles, cherchent à casser les vitres de l'étage en dessous. Les éclats de verre tombent en une longue chute silencieuse jusqu'au sol, où ils se brisent dans un terrible fracas. La milice est là, voiture arrêtée, et un bonhomme accoudé à son capot qui demande aux étudiants de se calmer. La fille au sèche-cheveux, la plus bruyante et active, lui crie qu'il y a le feu, qu'il faut appeler les pompiers, qu'ils ne peuvent plus respirer. Peu à peu à toutes les fenêtres de l'étage sortent des têtes ; les uns restent prudents et se penchent raisonnablement, les autres se mettent debout sur le rebords. Il y en a habillés, et il y en a en tenue de nuit, en chemise de nuit, en caleçon, en slip. L'un après l'autre tous se procurent des chiffons qu'ils se mettent sur le nez. La fumée commence à sortir de l'étage du dessus également, mais seulement de la partie tout à droite, et de derrière le bâtiment encore.
20 minutes, voilà les pompiers : zut, les échelles sont trop courtes, on ne peut rien faire, les voilà bras croisés adossés à leurs petits camions rouges. 10 minutes encore, arrive un gros camion. L'échelle s'élève, elle parvient au 15e étage, puis redescend - elle était mal placée. Un quart d'heure passe, l'échelle est en place à l'extrême droite, on descend deux étudiants, un en slip noir l'autre en slip rouge, qui se retrouvent en bas au milieu des curieux et des étudiants des étages inférieurs (dont William qui, si ça n'avait tenu qu'à lui, serait resté dormir tranquillement, mais que le couple a forcé à sortir). Ensuite on monte des pompiers, la nacelle hésite en chemin, ils entrent et vont distribuer des cagoules aux étudiants de l'étage, qui attendent toujours leur sauvetage. Puis on monte le tuyau, arrivé en haut on se rend compte en bas qu'il fuit, on le rafistole avec du scotch, ça fuit toujours, on le branche à un autre, ça fait des fontaines partout mais en haut de l'eau arrive, c'est le principal, le tout, 10 minutes. Nous, peu à peu, on se désintéresse de la chose. On va se laver, on boit notre thé, quand on revient, le feu a l'air d'être éteint, les étudiants sont en bas, et on vient d'amener un deuxième camion à grande échelle, allez savoir à quoi il peut servir à présent. Katia commente : "vous avez entendu une alarme incendie ? Un système d'eau pour éteindre le feu s'est déclenché ? Non ? Bienvenue en Russie".
Ca passe aux infos, tout St Pete est au courant, on en parle dans la marchroudka. Deux versions : le système d'électricité a grillé, et la deuxième, la préférée des autorités : il y avait une fête, ils ont bu, un jeune a jeté une cigarette sur la moquette, et voila. C'est-à-dire : il y avait une fête costumée, thème : la tenue de nuit, concept : la fêter chacun pour soi dans sa chambre, maximum 3 par chambre, un jeune a jeté une cigarette-bazooka, elle a enflammé tout le couloir et les étages supérieurs. Nous avons essayé de savoir ce qui s'est vraiment passé, mais "personne ne sait". Katia dit qu'il y en a déjà eu dans notre corpus, et dans l'autre aussi, etc...
Il faut s'habituer.

samedi 10 juillet 2004

Saint-Petersbourg, un bref portrait


Me voilà depuis deux semaines bientôt à St Petersbourg, St Pete pour les intimes. Ville monumentale, irréelle - tout est énorme, tout nous domine et nous écrase. Petite fourmis, j'apprends à me retrouver dans cette demeure de surhomme : je prends le métro (escalators dont on ne voit pas la fin, voûtes majestueuses, sièges défoncés, photographie interdite, 8 roubles), j'ai adopté la marchroudka (taxi collectif à itinéraire prédéfini, petite camionette rafistolée au scotch, on y entre sans bonjour et on en sort sans merci, criant juste au chauffeur de nous déposer à tel endroit, 10 à 14 roubles), je boude le bus (défoncé lui aussi, avec une dame poinçonneuse toujours très chic, 7 a 10 roubles), et prends parfois le taxi (on tend le bras au bord du trottoir et s'arrête qui veut - badauds à la recherche de monnaie pour finir le mois -, on négocie le prix, 100 roubles, 200 pour les touristes). J'utilise mes pattes aussi, je marche pendant des heures, d'une île à l'autre, d'un pont à l'autre (il y a tellement de canaux le long de la Nieva qu'on dirait Venise).
Le matin, je vais en cours à l'université, Nabieriejnaia Lientenanta Shmita, dom 11, au bord de la Nieva. De l'autre côté un peu plus haut je vois la façade vert d'eau de l'Ermitage, mais il ne faut pas s'y laisser prendre : ici les perspectives sont tronquées, ce qui semble proche nécessite une demi-heure de marche.
A 12h40, je déjeune à la cafet de l'université, ou dans la rue j'achète, aux vendeurs ambulants qui se pressent en rangs serrés, un pirajok, un blin, un khot-dog ou un chaverma, et puis en dessert une marojenoe. Ensuite, soit je vais faire un peu de tourisme, soit je vais à la Nievski Prospekt, le boulevard principal de St Pete, où on trouve tout, et qu'on met une heure et demie à parcourir en entier.
Le soir, je vais souvent à la Datcha, un bar familial et cosmopolite, baby foot gratuit, et des canapés très confortables pour dormir. Comme le metro s'arrête à 1h du mat', que les ponts se lèvent à peu près en même temps pour se refermer vers 3 - 4 h (ici, on dit que lorsqu'une femme veut passer la nuit chez son amant, elle dit à son mari qu'elle est coincée par l'ouverture des ponts), et que de toute façon notre obchejitie (la résidence universitaire où j'habite) ferme ses portes à 1h, si nous ne partons pas à minuit 30 dernier carat, nous sommes condamnés à passer la nuit à la Datcha, et à ne retrouver notre lit qu'à 6 h.
Je vis dans un quartier aussi laid que le centre de St P est beau. Des HLM, des barres, des barres à perte de vue, et on en construit toujours plus. Côté positif, c'est au bord de la mer, ou devrais-je dire du Golfe de Finlande. La mer est belle comme partout, il faut simplement regarder bien loin, au-delà de la plage de cailloux où s'amassent canettes, frigos, casseroles et carcasses de voitures. Il ne faut pas non plus espérer trouver un message dans une des innombrables bouteilles de bière que les vaguelettes crassement moutonnées déposent le long de la berge. C'est d'ailleurs une règle à st pete que de regarder au loin plutôt que les détails proches, les tags, les trottoirs défoncés (même dans les beaux quartiers), les déchets partout, les alcooliques et les mendiants de 6 ans à peine.
Mon obchejitie se compose de trois corpus, deux alignés et un troisième en aile entre les deux, de 22 étages chacun. Y vivent étudiants russes et étrangers, en majorité pour ces derniers des asiatiques (mon étage, par exemple, est un fief de japonais). De ma fenêtre, je vois des barres bien sûr, et entre autres l'immense HLM de béton où j'ai habité pendant ma première semaine ici, dans une famille russe on ne peut moins accueillante.
Je vis dans le Corpus 1, là où il y a des travaux 7j sur 7, 24h sur 24. La journée ce sont les gitans qui travaillent, les caucasiens, la nuit et le week-end ce sont les immigrés sans papiers. Il y a trois ascenseurs. L'un est indiqué comme ne marchant pas, l'autre ne marche pas mais ce n'est pas indiqué, et le troisième marche mais est réquisitionné pour les travaux. On peut se faufiler entre les sacs de ciment pour monter, mais pour descendre, on y va par les escaliers. J'habite au 17e étage, chambre 1703, au fond du couloir.
Mon étage a la particularité d'héberger un piano, un vieux piano abandonné. Personne ne sait qui l'a amené là, et personne ne l'enlève non plus. La femme de ménage le protège comme son enfant et s'octroie le droit de décider qui peut y jouer, quand et quoi. Il est contre le mur de l'autre côté du couloir, on se met à genoux devant lui pour jouer (il n'y a pas la place pour une chaise). Sa marque : krasnii octiabr (octobre rouge), son lieu de fabrique : Leningrad. Il n'a pas été accordé depuis longtemps et émet des notes un peu dures, mais on ne pinaille pas quand on a une chance pareille.
La kvartira numéro 1703 comporte un coin cuisine infesté par les mouches le jour et par les cafards (grands, les cafards : 3 cm minimum) la nuit, un frigo qui fuit, des toilettes, une salle de bain dont le sol sous l'évier s'ouvre sur l'étage d'en dessous, et deux chambres ayant chacune leur clé particulière. Dans la première, celle de gauche, deux lits, et une étudiante russe, Liouda, 25 ans. Dans l'autre, 3 lits, et trois étudiantes, Katia, 23 ans, étudiante sibérienne, Mélodie, étudiante normande, 22 ans, et moi, 18. Nous avons chacune un bureau, une étagère, une table de nuit et une armoire, et en commun un sol très très sale et des rideaux à la mauvaise taille qui laissent passer la lumière. Mélodie est à St Pete depuis un an et elle parle parfaitement russe, avec seulement un accent à couper au couteau. Elle part a la fin de la semaine.
Dans le corpus 2 habite l'australien William, mon camarade à la spet'fac, à St Pete depuis 6 mois. Il vit seul dans la chambre à deux lits ; dans la celle à trois lits, il y a un couple de jeunes mariés, tous deux en thèse, lui philosophe elle je ne sais plus, 26 ans environs, et une fille en pension à la campagne. Lui a été gardien du corpus, il a ainsi obtenu une place permanente à l'obchejitie ; sa femme est là illégalement, et si l'administration le décide, elle peut donner une place dans cette chambre à des étudiants, qui vivent là deux semaines ou un an, et avec qui le couple est obligé de cohabiter.

samedi 3 juillet 2004

Et l'école dans tout ça ?

Ah ! au fait : j'ai mon bac. Les résultats viennent de tomber : j'ai des notes moyennes dans mes matières fortes, excellentes dans mes matières faibles. Bref, tout va bien.

mardi 29 juin 2004

St-Petersbourg : une boîte de nuit comme une autre

Yana et moi allons à la diskotieka "The Plaza". Oh, des strip-teaseuses. Celle-là porte une combinaison de cosmonaute sans pantalon, celle-ci porte un pull à très très larges mailles avec rien en dessous. Oh, une fille de 7 ans qui gigote sur la piste sous le regard attendri de ses parents. Oh, des gogo danceuses. Ah non, pas des gogo danceuses, juste des filles comme vous et moi qui ont une tendresse particulière pour les barres et qui aiment se frotter aux murs. Pas d'hommes sur la piste : ils sont attablés tout autour et ils regardent. C'est jour de marché.

Oh, un beau russe ! Incroyable ! Ah bah non, il est italien. "Niet niet", dit Yana, "arabe", parce qu'il a "la peau noire". 

Pour rentrer à la maison, on monte dans la BMW noire de deux inconnus. "Pas de problème", m'assure Yana. On fait la route en écoutant à fond une chanson de circonstance : Tschorni Bumer. Le chanteur, un grand poète et fin philosophe, raconte comment il ramasse toutes les filles dans sa BMW noire trop belle. J'adore.

dimanche 27 juin 2004

St-Petersbourg : une bonne poire à la vodka

Je suis la vache à lait de Yana. Le bus ? 20 roubles. Le cinéma ? 400 roubles. La boîte de nuit ? 500 roubles. Les premiers jours, je tilte pas, je donne, elle paie pour moi. Et puis je commence à me demander : on est passées à la caisse pour la boîte de nuit ? Bah non. Et le cinéma, c'est vraiment aussi cher qu'en France ? Bah non. Et le bus, pourquoi c'est le double du prix habituel quand Yana est là ? Ah, bah on se demande, hein.

St-Petersbourg : fleurs de bitume

Dans les rues de Petersbourg volent de petites fleurs de poussière blanche, par millier. Elles s'accrochent aux cheveux, s'amassent dans les coins, entrent dans les magasins, couvrent les canaux de la Nieva, forment des tourbillons aux carrefours. Elles sont portées par le vent, réveillées par les voitures, elles sillonnent entre les piétons.

Comme des revenez-y de nuits blanches.

samedi 26 juin 2004

St-Petersbourg : Yana aux blanches mains

J'habite chez une jeune fille blonde platine, un minois de chat, qui enveloppe ses formes voluptueuses dans un immense peignoir fuschia. Elle s'appelle Yana. Elle habite au 12ème étage d'une barre HLM en béton brut, sur l'île Vassilievskii, Novosmolenkaïa Nabieriezhnaïa dom 8. Quand il pleut sur le zinc des fenêtres, on dirait qu'on vous a mis la tête dans une poêle à frire.

L'appartement de Yana comporte deux pièces. J'occupe seule l'unique chambre, tandis qu'elle campe dans le salon avec sa mère, un garçon (son frère ? son copain ? le copain de sa mère ?) et le chat.

Yana n'a pas 21 ans. Elle ne parle que russe. Elle a été mariée, mais maintenant "elle est séparée parce que son mari est un bad boy". Elle me dit : "khotchiech kouchat ?", comme à un enfant à qui on propose la popotte. Elle a un très beau port de tête, fier, se tient cambrée et les épaules en arrière. Elle s'habille avec du rose, du bleu clair, des tissus moulants et beaucoup de strass et d'accessoires.

Dans la rue, on voit des seins, des cuisses et des ventres partout. C'est le style pétersbourgeois - un style qu'en France on considérerait vulgaire, mais qui ici passe bien, se porte même chez certaines avec élégance. Chic & cheap, disons.

vendredi 25 juin 2004

Russie : welcome to Saint-Petersbourg !

Deux heures à tourner complètement paniquée dans l'aéroport de Saint-Petersbourg, à en perdre mon russe et mon anglais : le chauffeur que l'université est censée m'avoir envoyé n'est pas là. J'ai fait tous les terminaux, toutes les gates, j'ai téléphoné à l'université qui ne répond pas. Je suis perdue toute seule dans un pays immense et je ne sais même plus comment on dit "il fait beau aujourd'hui". Je suis au bord des larmes.

Je pars à la recherche d'un banc où m'asseoir pour me calmer. Il m'apparaît alors : gros, une bouteille à la main, complètement endormi sur un banc au bout d'une aile isolée. Sur l'écriteau posé de travers sur son ventre : mon nom en toutes lettres.

Mon chauffeur.

Je le réveille timidement, je lui dis que je suis celle qu'il attend et qu'il cherche avec tant de zèle. Il grogne.

Dans le parking, nous passons à côté d'une voiture où il y a un monsieur qui regarde des photos de femmes nues en noir et blanc. Je monte dans la camionnette du gros endormi, je mets ma ceinture. Sévère, il me fait non de la tête : "nielzia". Il allume une cigarette Piotr Pervii (Pierre Ier) et met de la musique américaine.

Je ne sais pas ce qu'il a mis dans sa bouteille. Mais du moins il nous évite les nids de poule, mini-étangs, zones de travaux, objets en tous genres et de toutes tailles semés sur la route interminable et énorme qui mène à St-Petersbourg.

Avant de partir en Russie : un film à voir

J'ai regardé un film terrible hier soir. Lilia 4-ever. L'histoire sans espoir d'une jeune fille de la banlieue moscovite qui finit prostituée sans papiers en Suède...... ça m'a tellement traumatisée que j'ai plus vraiment envie de partir en Russie. Mon avion est dans 3 heures. Je suis complètement retournée. J'entends encore le souffle de buffle des hommes au-dessus d'elle, j'ai encore la dernière scène devant les yeux. Terrible.

mardi 22 juin 2004

A la recherche de l'Ambassade de Russie

Malgré le fait que j'ai dansé pendant 5 heures non-stop la salsa la veille, je me lève à 6h30 et je prends le métro. Je fais toute la ligne 1 endormie et c'est un miracle si je me réveille à Charles de Gaulle-Etoile. 

Dans ma fatigue, je prends ce qui est un changement pour un terminus et je sors dans la rue. Il pleut. Je regarde autour de moi : place de l'Arc de Triomphe. Ok, je pars à la recherche du boulevard Lannes où est cise l'Ambassade de Russie. 

Trempée et désespérée je finis par demander à un monsieur bien digne sous son parapluie : "le boulevard Lannes ?" Il me regarde avec de gros yeux : "mais vous n'y êtes pas du tout mademoiselle ! Et vous voulez vous y rendre à pied ???" Ah, bon. Je retourne m'endormir dans le métro pour quelques arrêts supplémentaires.

8h, je suis devant l'ambassade. 9h, l'ambassade ouvre. 11h, je suis dans l'ambassade. 11h10, on me dit que le délai d'obtention du visa est de trois semaines, rien à faire. Une minute et 70 euros de bakchich plus tard, j'ai mon visa. 

Dans deux jours, je suis en Russie.