Je viens d'emménager dans l'appart qu'on me sous-loue pour un mois. Un charme fou, une superbe bibliothèque où écrire, une grande terrasse où je prends mes petits-déjeuners au soleil.
Ce matin, j'ai trouvé un solide fil blanc tendu au-dessus de la terrasse. Il tombait du toit, se posait sur la rambarde, puis traversait la rue, passait par le sommet de deux arbres et se terminait on ne sait où. Je suis certaine qu'il n'était pas là hier : il m'aurait gênée pendant que j'arrosais les plantes.
J'ai hésité, puis me suis mise à tirer. Le fil venait facilement mais semblait être sans fin. J'ai bien tiré dix minutes. La scène est devenue un peu surréaliste : je tirais un fil blanc infini, apparu par miracle, et en le tirant je faisais bouger, du bout de mes doigts, la cime des arbres. Je me demandais ce qu'il y avait au bout : une pelotte ? Un type qui se demandait qui était en train de tirer sur son fil de pêche ? Me passaient en tête des explications qui me faisaient penser à la blague préférée de ma mère : un type voit à plusieurs reprises des vaches sauter et disparaître dans la frondaison d'un arbre et, à court d'explications, finit par hausser les épaules en disant : il doit y avoir un nid là-haut.
Finalement la fin du fil est arrivée. Au bout, rien.
Et le temps que j'écrive ce message, le fil a disparu.
Peut-être est-ce une augure, une métaphore de l'écriture, pour moi qui me suis mise au travail sur mon roman hier ?

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