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mercredi 16 avril 2008

Welcome to the United States of America

C'est bientôt mon tour. Devant moi, de l'autre côté de la ligne jaune, le douanier finit de prendre les empreintes d'un couple de Français sans histoires. Le douanier me regarde avec insistance. Je me dis qu'il me fait les yeux doux.

J'arrive devant lui. Il me fait poser les quatre doigts de la main droite, puis de la main gauche, puis les deux pouces sur un petite machine, et me demande d'enlever mes lunettes pour prendre en photo mon oeil.


Et il se met à me poser des questions. Pourquoi je viens aux US ? pour combien de temps ? Chez qui ? Son nom ? Sa profession ? La mienne ? Mon salaire mensuel ? La date de fin d'année scolaire ? J'ai à peine le temps de répondre à l'une qu'il est déjà passé à la suivante. Et il note tout ce que je dis, surtout mes hésitations.


Il griffonne un chiffre sur mon formulaire. Ce n'est pas le même que pour le couple qui me précédait. Et il ne m'envoie pas au même endroit qu'eux, mais à un second bureau des douanes, au bout d'un couloir, pour "further questions".
On me demande de mettre mon passeport dans un petit casier et d'aller m'asseoir. Il y a une vieille dame chinoise, accompagnée de son mari handicapé, qui tente d'expliquer quelque chose au douanier. Sans lever les yeux du clavier, celui-ci l'interrompt : "m'am, I don't speak your language, so go back to your seat". Un agent vient la voir, lui demande "show me your other passports - passports - PASSPORTS", la dame lui répond en chinois. Chacun s'entête dans sa langue.



Dans la salle, il y a des indiens, des mexicains, des chinois, il y a des hommes en robe bleue, turban et longue barbe noire qui viennent d'entrer, et puis il y a moi. J'attends mon tour en énumérant mes péchés.

On m'appelle enfin. Second interrogatoire, encore plus fouillé. Le douanier finit par savoir des choses dont je ne parle d'ordinaire jamais. Je sens que si je n'entre pas dans les détails, ils me renverront en France.


Enfin on me laisse passer. Je récupère ma valise, la dernière sur le tapis roulant, et je sors de l'aéroport. Je retrouve Yara toute bronzée et Xochitl qui, quand je lui explique pourquoi j'ai mis tellement de temps, me dit immédiatement : "il fallait cacher ça" en montrant le petit suçon que j'ai au cou. "La moindre anomalie, et tu es suspecte".

Si j'avais su, je me serais présentée avec un suçon encore plus gros.

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