Articles par pays

mardi 22 juin 2010

De Damas à Beyrouth

A Damas, il y a des échoppes partout. Antres où s'entassent ferrailles et verroteries ; épiceries tapissées jusqu'au plafond de paquets de chips, lessives et gâteaux poussiéreux ; magasins de mode dont les robes pailletées et les manteaux austères débordent dans la rue ; larges pièces vides où l'on voit tout au fond un bureau et un homme assis là, qui fait et vend on ne sait quoi. Il y a aussi les vendeurs itinérants - qui avec sa petite charrette cabossée, qui avec un bout de bois posé sur un tréteau, qui avec un morceau de tissu à même le sol. Ils vendent trois briquets et un coupe-ongle, quelques billets de loterie, deux jeux de cartes, une fausse paire de Ray-ban et des Twix fondus. Le soir, des hommes avec une théière géante sur le dos proposent aux passants un verre de thé.

On retrouve cette anarchie fourmillante à Beyrouth, dans certaines rues étroites. Mais ce qu'on voit surtout, c'est Ermenegildo Zegna, Cartier, Hugo Boss ; Mc Do, Haggen Daz, Starbucks le long des grandes artères. Les larges terrasses standardisées des restaurants font penser aux rues de Los Angeles ou de Miami ; les gratte-ciel flambants neufs laissent imaginer ce que doit être Dubaï. Les hommes sont beaux - plus grands, plus charnus, plus musclés que les syriens. Les femmes sont très belles et coquettes - le visage plus fin, plus travaillé (y compris au bistouri) que les Syriennes au visage rond et laiteux, et elles ne portent pour la plupart pas le voile.

L'humidité de l'air vous colle une pellicule de sueur à la peau dès le premier pas dehors, et redonne à la terre, aux fleurs, aux rues les odeurs que le vent sec de Damas vous avait fait oublier.

A Beyrouth, entre deux fiers gratte-ciel, il y a encore des carcasses d'immeubles aux façades trouées de balles, à l'intérieur effondré. Le luxe et la ruine cohabitent. Il y a des rues-décor, où un riche promoteur a reconstruit des immeubles dans lesquels personne n'habite et dont les fenêtres n'ont pas encore été posées. Beaucoup reste à reconstruire, tout sera bientôt détruit à nouveau. Les habitants de Beyrouth semblent insouciants, et la jeunesse superficielle. C'est, ici, un signe de courage et de foi.


Beyrouth : chicha on the shore

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire