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vendredi 25 juin 2010

Syrie/Liban : une question de boutons de chemise

Aux terrasses des cafés de Beyrouth, les filles sont aussi nombreuses que les garçons, et les groupes d'amis sont mixtes. Ca me fait un bien fou de n'être plus la seule représentante de mon sexe partout où je vais. Je ne me sens ni agressée ni insultée par les regards des Syriens ; mais remarquée, en permanence, et de loin, à cause de mes cheveux blonds, de ma tête sans voile, et simplement parce que je suis une fille dans un univers d'hommes. Les autres femmes passent comme des fantômes, évitent les regards et ont l'air de demander pardon d'être là. Elles vont acheter l'ingrédient de cuisine qui leur manque puis remontent chez elle. Moi je passe mes après-midi au café avec Axel, je regarde la coupe du monde de foot, je fume la chicha, je bat Axel aux cartes, il me bat aux échecs, je parle et j'observe les gens autant qu'ils m'observent. Rien de téméraire là-dedans : je suis une touriste, on me pardonne jusqu'à un certain point.

La nuit, je me fais des frayeurs : je rêve que je sors en short ou en n'ayant pas fermé ma chemise jusqu'au dernier bouton. Anodin ? Non. En Syrie, imaginer que ça puisse vous arriver réellement, ça fait très, très peur.


Moi en habit de créateur syrien. Existe en plusieurs couleurs, taille et forme uniques.


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