Articles par pays

mardi 29 juin 2004

St-Petersbourg : une boîte de nuit comme une autre

Yana et moi allons à la diskotieka "The Plaza". Oh, des strip-teaseuses. Celle-là porte une combinaison de cosmonaute sans pantalon, celle-ci porte un pull à très très larges mailles avec rien en dessous. Oh, une fille de 7 ans qui gigote sur la piste sous le regard attendri de ses parents. Oh, des gogo danceuses. Ah non, pas des gogo danceuses, juste des filles comme vous et moi qui ont une tendresse particulière pour les barres et qui aiment se frotter aux murs. Pas d'hommes sur la piste : ils sont attablés tout autour et ils regardent. C'est jour de marché.

Oh, un beau russe ! Incroyable ! Ah bah non, il est italien. "Niet niet", dit Yana, "arabe", parce qu'il a "la peau noire". 

Pour rentrer à la maison, on monte dans la BMW noire de deux inconnus. "Pas de problème", m'assure Yana. On fait la route en écoutant à fond une chanson de circonstance : Tschorni Bumer. Le chanteur, un grand poète et fin philosophe, raconte comment il ramasse toutes les filles dans sa BMW noire trop belle. J'adore.

dimanche 27 juin 2004

St-Petersbourg : une bonne poire à la vodka

Je suis la vache à lait de Yana. Le bus ? 20 roubles. Le cinéma ? 400 roubles. La boîte de nuit ? 500 roubles. Les premiers jours, je tilte pas, je donne, elle paie pour moi. Et puis je commence à me demander : on est passées à la caisse pour la boîte de nuit ? Bah non. Et le cinéma, c'est vraiment aussi cher qu'en France ? Bah non. Et le bus, pourquoi c'est le double du prix habituel quand Yana est là ? Ah, bah on se demande, hein.

St-Petersbourg : fleurs de bitume

Dans les rues de Petersbourg volent de petites fleurs de poussière blanche, par millier. Elles s'accrochent aux cheveux, s'amassent dans les coins, entrent dans les magasins, couvrent les canaux de la Nieva, forment des tourbillons aux carrefours. Elles sont portées par le vent, réveillées par les voitures, elles sillonnent entre les piétons.

Comme des revenez-y de nuits blanches.

samedi 26 juin 2004

St-Petersbourg : Yana aux blanches mains

J'habite chez une jeune fille blonde platine, un minois de chat, qui enveloppe ses formes voluptueuses dans un immense peignoir fuschia. Elle s'appelle Yana. Elle habite au 12ème étage d'une barre HLM en béton brut, sur l'île Vassilievskii, Novosmolenkaïa Nabieriezhnaïa dom 8. Quand il pleut sur le zinc des fenêtres, on dirait qu'on vous a mis la tête dans une poêle à frire.

L'appartement de Yana comporte deux pièces. J'occupe seule l'unique chambre, tandis qu'elle campe dans le salon avec sa mère, un garçon (son frère ? son copain ? le copain de sa mère ?) et le chat.

Yana n'a pas 21 ans. Elle ne parle que russe. Elle a été mariée, mais maintenant "elle est séparée parce que son mari est un bad boy". Elle me dit : "khotchiech kouchat ?", comme à un enfant à qui on propose la popotte. Elle a un très beau port de tête, fier, se tient cambrée et les épaules en arrière. Elle s'habille avec du rose, du bleu clair, des tissus moulants et beaucoup de strass et d'accessoires.

Dans la rue, on voit des seins, des cuisses et des ventres partout. C'est le style pétersbourgeois - un style qu'en France on considérerait vulgaire, mais qui ici passe bien, se porte même chez certaines avec élégance. Chic & cheap, disons.

vendredi 25 juin 2004

Russie : welcome to Saint-Petersbourg !

Deux heures à tourner complètement paniquée dans l'aéroport de Saint-Petersbourg, à en perdre mon russe et mon anglais : le chauffeur que l'université est censée m'avoir envoyé n'est pas là. J'ai fait tous les terminaux, toutes les gates, j'ai téléphoné à l'université qui ne répond pas. Je suis perdue toute seule dans un pays immense et je ne sais même plus comment on dit "il fait beau aujourd'hui". Je suis au bord des larmes.

Je pars à la recherche d'un banc où m'asseoir pour me calmer. Il m'apparaît alors : gros, une bouteille à la main, complètement endormi sur un banc au bout d'une aile isolée. Sur l'écriteau posé de travers sur son ventre : mon nom en toutes lettres.

Mon chauffeur.

Je le réveille timidement, je lui dis que je suis celle qu'il attend et qu'il cherche avec tant de zèle. Il grogne.

Dans le parking, nous passons à côté d'une voiture où il y a un monsieur qui regarde des photos de femmes nues en noir et blanc. Je monte dans la camionnette du gros endormi, je mets ma ceinture. Sévère, il me fait non de la tête : "nielzia". Il allume une cigarette Piotr Pervii (Pierre Ier) et met de la musique américaine.

Je ne sais pas ce qu'il a mis dans sa bouteille. Mais du moins il nous évite les nids de poule, mini-étangs, zones de travaux, objets en tous genres et de toutes tailles semés sur la route interminable et énorme qui mène à St-Petersbourg.

Avant de partir en Russie : un film à voir

J'ai regardé un film terrible hier soir. Lilia 4-ever. L'histoire sans espoir d'une jeune fille de la banlieue moscovite qui finit prostituée sans papiers en Suède...... ça m'a tellement traumatisée que j'ai plus vraiment envie de partir en Russie. Mon avion est dans 3 heures. Je suis complètement retournée. J'entends encore le souffle de buffle des hommes au-dessus d'elle, j'ai encore la dernière scène devant les yeux. Terrible.

mardi 22 juin 2004

A la recherche de l'Ambassade de Russie

Malgré le fait que j'ai dansé pendant 5 heures non-stop la salsa la veille, je me lève à 6h30 et je prends le métro. Je fais toute la ligne 1 endormie et c'est un miracle si je me réveille à Charles de Gaulle-Etoile. 

Dans ma fatigue, je prends ce qui est un changement pour un terminus et je sors dans la rue. Il pleut. Je regarde autour de moi : place de l'Arc de Triomphe. Ok, je pars à la recherche du boulevard Lannes où est cise l'Ambassade de Russie. 

Trempée et désespérée je finis par demander à un monsieur bien digne sous son parapluie : "le boulevard Lannes ?" Il me regarde avec de gros yeux : "mais vous n'y êtes pas du tout mademoiselle ! Et vous voulez vous y rendre à pied ???" Ah, bon. Je retourne m'endormir dans le métro pour quelques arrêts supplémentaires.

8h, je suis devant l'ambassade. 9h, l'ambassade ouvre. 11h, je suis dans l'ambassade. 11h10, on me dit que le délai d'obtention du visa est de trois semaines, rien à faire. Une minute et 70 euros de bakchich plus tard, j'ai mon visa. 

Dans deux jours, je suis en Russie.