Une fois n'est pas coutume, je vais parler gastronomie.
Brahim, le serveur de la Sultana, a la plus délicieuse manière de me demander pardon depuis que, il y a trois semaines, il m'a branchée avec un chauffeur peu fiable pour aller à Casablanca : il m'apporte régulièrement des brochettes, des tajines et, aujourd'hui, un couscous assez grand pour contenter quinze convives. J'ai dû faire plusieurs pauses pour le porter dans les escaliers qui mènent à chez moi.
J'ai pris l'habitude de ne prendre que deux repas par jour et à l'heure du déjeuner, je n'ai pas faim. En revanche, les chats sont alléchés : à peine le plat posé sur la table de la terrasse et je découvre, tout autour de moi, perchés sur les murs, cinq paires d'yeux qui me fixent tandis que, seul admis dans mon patio, Sakapuss s'époumone d'impatience. C'est le genre de situations où je le mets à la porte.
Je pique une fourchette dans le plat... et vais me chercher une assiette et des couverts.
Je n'ai jamais mangé de couscous aussi bon. La viande de bœuf est tendre, grasse, comme cuite au pot-au-feu ; la chair des légumes fond sur la langue tandis que la peau est croquante ; surtout, la semoule est extraordinairement moelleuse, beurrée, parfumée par la patate douce. J'en ronronne de plaisir. C'est donc ça, le goût du vrai couscous !
- Ah, Sakapuss ! dis-je au chat qui, comme toujours quand je le met à la porte, est revenu par le balcon. Rien que pour goûter ça, ça vaut la peine d'être humain.
Dommage que je n'aie personne avec qui le partager...

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