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mardi 10 juin 2008

San Francisco : des femmes qu'on dit perdues


Depuis le balcon VIP du Ruby Skie, San Francisco, je regarde la foule bouger en rythme sous les éclairs de lumière. De chaque côté de la piste, sur un podium, une gogo danceuse exécute sa chorégraphie sinueuse, le regard et le geste incitateur.
Dans une loge du mur qui surplombe la piste, protégées par une vitre sur laquelle elles s'appuient lorsqu'elles se contorsionnent, deux autres s'amusent à un duo improvisé. Elles ne laissent pas d'offrir au regard des positions langoureuses ; mais la distance, la vitre, semblent les rendre un peu plus libres, un peu moins attentives, et parfois leurs fantaisies semblent indiquer qu'elles ont oublié qu'on les regarde.

En Russie, n'importe quelle boîte de nuit a ses gogo danceuses. Elles font partie du décor. On les regarde en passant ; elles font leur travail et s'en vont. Non pas lubriques ou vulgaires - dénudées, impudiques, certes, mais leur regard est froid, leurs gestes sans âme : indifférentes au désir qu'elles suscitent, vides de toute concupiscence, elles enchaînent les figures, consciencieuses, professionnelles. Autrement plus lubriques sont les femmes célibataires qui, sur la piste, tentent d'attirer le regard des hommes attablés.
Parfois seulement leur regard s'allume - de fierté, lorsqu'elles ont réussi une démonstration de souplesse pour laquelle elles on dû tant s'entraîner ; au gré d'une contorsion, lorsque leurs yeux croisent ceux de quelque amie, spectatrice amusée, à laquelle elles jettent des coups d'oeils clairs, complices et ironiques.



cette photo-là vient d'un club à Londres... mais c'est kif kif

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