Tony Blair, oeil de cire et teint de porcelaine, clôt le séminaire de Yalta par un long discours. Sa gestuelle suit une chorégraphie méthodique : mains ouvertes, doigts groupés en pointe, main étendue la paume vers le bas ou doigts des deux mains joints symétriquement, à la Chirac. Pas de haussement d'épaule, pas de doigt levé, pas de main qui s'agite en l'air. Il dit "this is a problem that cannot be solved", ses doigts se joignent devant la poitrine : aucun rapport entre le propos et le geste.
Il ne s'agit pas d'une gestuelle incontrôlée, spontanée, à l'italienne, qui viendrait illustrer ou appuyer le propos. Chaque geste est un signe calculé et choisi pour ce qu'il évoque : main ouvertes, ouverture ; doigts groupés en pointe, rigueur ; main étendue, contrôle ; doigts joints symétriquement, calme.
Blair fait un discours, ses mains en font un autre. Il parle de l'intégration de l'Ukraine à l'Europe, ses mains parlent de lui.
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